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Publié par Daniel MURGUI-TOMAS

J'aime bien dire en media training qu'un débat TV se prépare comme un match de foot. Particulièrement lors de l'entre-deux-tours d'une élection présidentielle où, à l'image d'une finale de coupe de France, tous les coups sont permis. Depuis quelques semaines des débats en région sont organisés par France 3 dans le cadre des législatives. Si l'enjeu est moindre, le passage média n'en reste pas moins éprouvant pour certains primo-candidats. Se retrouver filmé sous le feu des questions des journalistes n'est jamais facile. Mais s'il faut en plus faire face à la contradiction de ses concurrents, cela se transforme très vite en parcours du combattant.

Beaucoup de ces plantages en direct qui font la joie des chroniqueurs TV sont dus à un manque de préparation des dossiers. D'autres sont le fruit de la pression du direct. Je ne peux imaginer qu'ils soient la conséquence d'une absence de formation* mise en place par les partis traditionnels. Le risque pour leur image publique serait trop grand. Reste les petites formations politiques qui n'ont pas les moyens d'organiser de longs entraînements en studios. À leur intention, voici un rappel de quatre règles simples pour sortir gagnant d'une joute oratoire devant micros et caméras :

  • Repérer Il est indispensable d'avoir repéré en amont les thèmes sur lesquels amener ses adversaires. Particulièrement ceux où il sont les moins à l'aise. Enregistrements de leurs précédents passages TV à l'appui. Tout comme pour une vente avec les objections éventuelles du client, anticipez également les contre-attaques. De quoi, chaque fois que cela est possible, ramener les échanges sur votre terrain.
  • Dénoncer Lors d'un passage TV, et particulièrement quand il s'agit d'un débat, prendre de la distance est essentiel pour aiguiser son écoute. Un état d'esprit qui favorise la dénonciation des procédés rhétoriques pour mieux reprendre la main. Souvenez-vous en 1981 de ce modèle du genre : " D'abord je n'aime pas cette méthode. Je ne suis pas votre élève, et je n'accepte pas le débat de cette façon là..." Vous aurez reconnu François Mitterrand répondant à Valéry Giscard d'Estaing.
  • Déstabiliser Bien connaître ses dossiers ne suffit pas. Les contrepoints pour déstabiliser un contradicteur sont un grand classique du débat télévisé. Charles Pasqua y excellait. Ils permettent de ralentir le flot de paroles de vos opposants en perturbant l’attention avec des mimiques ou des haussements d'épaules. Verbaux, ils interrompent l’argumentation par des remarques, précisions ou exagérations. Face à Bernard Tapie en 1989, le " Grotesque " de Jean-Marie Le Pen fut à l'origine d'un clash historique.
  • Dominer Afin de prouver que vous dominez vraiment les échanges, débrouillez-vous à l'issue de chaque partie pour avoir le dernier mot. Les plus de vingt ans ont encore en mémoire cette réplique mémorable de François Mitterrand en 1988 s'adressant à Jacques Chirac : "Mais vous avez tout à fait raison Monsieur le Premier Ministre." Les gloussements qui suivirent de la part de Michèle Cotta, co-animatrice de ce duel télévisé, donnèrent une indication très claire quand au gagnant de la soirée.

*Il vous est aussi possible de vous former 24h/24 via ma dernière formation en ligne en media training. D'une durée de 3h30, elle est accessible 60 jours.
 

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