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Publié le 24 Juillet 2013

"Je préfère passer pour un con que pour un salop". Ce noble point de vue je le tiens d'un ami aveyronnais. Il concerne les mendiants professionnels toujours en quête d'une bonne poire à solliciter. Clin d'œil de l'actualité, régulièrement des roms sont accusés de pareilles pratiques. Or il se trouve qu'en pleine polémique médiatique, un élu de la république vient de choisir pour sa défense de s'afficher comme un incompétent plutôt que comme un fieffé facho. Chacun a encore en tête les paroles du député-maire de Cholet contre des gens du voyage installés sur sa commune : "Hitler n'en a peut-être pas tué assez..." Dans sa déclaration à I-Télé, l'élu UDI accuse un journaliste du Courrier de l'Ouest, d'avoir bidouillé un enregistrement. Il n'aurait fait que répéter les propos du reporter. Une simple reformulation malheureuse en quelque sorte. Soit le B.A.-BA de ce que l'on apprend à éviter lors d'une première séance de mediatraining. L'individu n'en étant pas à sa première "gaffe", qu'il continue à ne pas tempérer son discours en présence de la presse, prouve que l'on peut chercher à passer pour un con pour décidemment bien des raisons... 

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Rédigé par DMT

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Publié le 23 Juin 2013

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"J'ai dit que nous étions là face à un secret de famille. C'est à dire quelque chose qui est du non dit. Et qu'il y a un tel non dit que ça suinte et ça a des conséquences terribles." Cette nuit, vers 1 heure du matin, en me branchant sur Europe 1 d'une oreille distraite, j'ai cru que Caroline Dublanche abordait le thème de l'homosexualité. Mariage pour tous oblige. Que nenni, il s'agissait de la rediffusion de la matinale du samedi animée par Arlette Chabot. Florence Parisot, patronne sortante (sortie?) du MEDEF, s'exprimait sur la réforme des retraites. Une question dont elle s'est entretenue avec François Hollande lors de la dernière conférence sociale. Une comparaison originale et forte, qui ne peut que séduire le disciple de Didier Dumas que je suis. "Tout ce qui ne se dit pas se répète" dit-on en psychanalyse transgénérationnelle. De quoi se demander ce que va répéter l'arrivée de Pierre Gattaz à la tête du syndicat patronal. Allons-nous revivre des années de combat social comparables à celles où son père Yvon présidait aux destinées du CNPF ? A l'époque, l'hôte de l'Elysée se prénommait aussi François...

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Rédigé par DMT

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Publié le 23 Juin 2013

Avez-vous remarqué combien la presse a pris l'habitude de titrer "Hollande en visite à...", plutôt que "Le président de la République en visite à..." ? Est-ce dû à l'hyper personnalisation de la fonction débutée sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy ? A moins qu'il ne s'agisse de la conséquence du côté pépère du personnage? Récemment encore dans l'Express (05/06), Alain Minc déplorait que "François Hollande gère la France comme le premier ministre d'un gouvernement de coalition dans une république parlementaire". A regarder cette vidéo mise en ligne par les services de Matignon, il y a de quoi s'interroger sur la manière dont l'image présidentielle est cultivée. C'est un homme bedonnant, limite hilare, ravi de retrouver le 57 rue de Varenne qui apparait sur les premiers plans. Bref, plus proche du président du conseil général de la Corrèze en visite à Paris, que du chef de la cinquième puissance mondiale. Bien sûr, dans les secondes qui suivent les correctifs sont apportés. La veste présidentielle est boutonnée, le pas se fait plus lent, l'écoute attentive. Reste que le mal est fait. Et les communicants de l'Elysée n'en sont pas à leur premier couac. A lire le dernier sondage publié ce matin par le Journal du dimanche donnant 26 % de personnes satisfaites par l'action du président Hollande, il est urgent de stopper la désacralisation de la fonction. Que notre président reprenne du poids, soit. Mais quand va t-il finir par gagner en épaisseur ?

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Rédigé par DMT

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Publié le 2 Mai 2013

En media training cela s'appelle un choix truqué. Une alternative pas vraiment amicale de la part de Roselyne Bachelot à l'égard de son ancien collègue Claude Guéant. Mais est-ce la chroniqueuse TV  ou l'encore membre de l'UMP qui s'exprime ? Des bancs du gouvernement au plateau de D8, la reconversion de l'ancienne ministre de la Santé a de quoi donner le tournis.

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Rédigé par DMT

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Publié le 16 Décembre 2012

C'est vrai, j'ai été surpris en entendant Jean-Marc Ayrault traiter de minable Gérard Depardieu sur Télé Matin mercredi. Certes, sa déclaration est arrivée en fin d'entretien. Soit après plus de 10 minutes d'explications sur sa politique et un démenti peu convaincant, du point de vue non verbal, sur la baisse du taux d'intérêt du livret A en février prochain. Sa vigilance a peut-être baissé. Il n'empêche, un premier ministre se doit de prendre de la hauteur sur tous les sujets et en toutes situations. Jeter l'opprobre, diviser les français (pour mieux régner?), ce n'est pas l'image que doit donner un homme d'Etat. Quand à ses excuses avant de s'envoler pour le Maroc, elles me font penser à celles de Lionel Jospin après ses propos peu amènes à l'égard d'un Jacques Chirac jugé "usé, vieilli, fatigué" lors de la campagne pour la présidentielle de 2002. A propos de veste, le patron de la marque Zadig & Voltaire, si chère à Frédéric Lefebvre, fut lui beaucoup plus professionnel en octobre dernier, lorsqu'il dû revenir sur une interview accordée à un journal de Hong Kong. "Les mots sont des éclairs, mon propos a sans doute été maladroit et, sorti de son contexte, je comprends qu'il ait pu blesser mes amis de Chine, de France ou d'ailleurs, ce dont je suis profondément désolé". Thierry Gillier avait déclaré que l'hôtel que son groupe compte ouvrir prochainement sur Paris n'accueillerait pas de chinois, n'étant pas destiné au tourisme de masse. A croire qu'il est décidemment très français lors d'une déclaration à la presse de franchir... la ligne jaune ;-)


Le Premier ministre regrette ses propos sur... par BFMTV

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Rédigé par Dan le MediaTrainer

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Publié le 15 Décembre 2012

Présenté comme un proche de Jacques Pilhan, Claude Sérillon s'avère doué lui aussi pour l'écriture médiatique. Le premier Noël du quinquennat Hollande sous sa houlette est une réussite en matière d'image publique. La mal aimée de la République devient sous les caméras TV princesse du peuple. Rayonnante parmi plus de 600 enfants, Valérie Trierweiler assume enfin son rôle de première dame. Le Monde en a eu la primeur, elle "accepte de devenir une personne publique". Son masque social, si la compagne du président de la République parvient à le porter avec élégance, fera d'elle une personnalité de tout premier plan. Et les images que diffuseront les JT de ses actions caritatives, ne manqueront pas d'apporter un peu de douceur dans une actualité qui s'annonce chargée en plans sociaux.  Reste à savoir si en bonne communic'actrice, l'ex journaliste de Direct 8 va  habiter son personnage ou, mais ce serait courir le risque d'en être prisonnière, se laisser habiter par lui.  Dans ma conception du mediatraining en tous cas, la Distance Ménage le Transfert. ;-)

 

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Rédigé par Dan le MediaTrainer

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Publié le 21 Novembre 2012

Il faut dire que le Petit Journal ne l'a pas raté lundi soir, en revenant sur ses sourires de starlette en mal de caméras. Le reste de la presse non plus. A commencer par l'Indépendant qui se fait l'écho de l'engouement des réseaux sociaux pour les prouesses faciales de Valérie Pécresse. Et voici qu'au lendemain de la défaite de son champion, l'ancienne ministre du Budget présente un tout autre visage. Toujours devant sur la photo, mais cette fois complètement KO, l'ex porte-parole du gouvernement ne peut masquer ni sa fatigue, ni son dépit... Le clignement  dissymétrique de ses paupières traduit ici une charge émotionnelle négative qui ne trompe pas. En politique, faire triste figure n'est donc pas qu'une simple image...

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Rédigé par DMT

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Publié le 20 Octobre 2012

 

J'ai hésité sur le thème de mon post hebdomadaire. Ou je revenais sur le comique de situation généré par la chute de la première ministre australienne lors d'un déplacement en Inde, ou je m'attardais sur cet extrait du Petit Journal de vendredi. Oui, quand Benoît Hamon ne croit pas à la réalité de la une que lui présente Yan Barthes. Celle du supplément WE du Parisien où notre ministre du redressement productif pose en marinière et robot Moulinex à la main. Sur cette vidéo, l'ancien porte-parole du PS n'en croit pas ses yeux et ça se voit. Ce professionnel aguerri des médias laisse passer ici beaucoup de spontanéité sous l'œil des caméras. Ce qui est plutôt rare de la part d'un membre du gouvernement. A ce propos, Arno Klarsfeld s'interroge cette semaine sur la sincérité de François Fillon et les moments où il donne à voir un numéro d'acteur. La question vaut pour l'ensemble du personnel politique. Par définition un candidat à une élection, même interne à un parti, se doit d'être un véritable communic'acteur. Soit une personne capable de vous laisser penser qu'elle croit à ce qu'elle dit. Qu'elle s'exprime pour la première fois sur un sujet, même s'il s'agit du xième discours de campagne sur ce thème. Et surtout, que ses propos sont spontanés, même s'ils ont fait l'objet de nombreuses répétitions. Cette séquence du président US en campagne pour sa

réélection en donne un bon exemple. Orateur or pair, Barack Obama est ici en meeting en Virginie devant 9 000 personnes. Autant dire qu'il se retrouve tel un poisson dans l'eau. Pourtant, dès 0:20 de nombreux indices non verbaux vont nous montrer que chez un communic'acteur il y a très peu de place pour le naturel. Ce qui prime c'est le message à délivrer. Et par la suite, la mesure de l'effet produit. Tout en faisant bien sûr oublier le travail d'acteur. Ainsi, la difficulté de la tache se lit régulièrement sur le visage du candidat démocrate. Ou plutôt sur sa bouche. Prenez à 0:50, après un énième pincement de lèvres, c'est une sortie de langue qui annonce la tirade à venir. Sauf qu'elle sera précédée d'un léger bégaiement que l'agitation de l'index gauche en signe d'autorité, n'arrive pas à diluer. Ici, l'effort demandé par la mémoire parasite la fluidité du discours. Amusant, au moment où il s'agit de dénoncer la "romnésie" de son adversaire. A ce propos, observez bien comment ses silences (0:55) permettent à Barak OBAMA de savourer la délivrance de son bon mot, avant de juger par le regard de son impact sur le public. Normal ensuite, qu'en véritable leader, il reprenne une gestuelle haute et près de la poitrine digne des grands singes dominants. L'homme n'est il pas un animal politique selon Aristote ?

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Rédigé par DMT

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Publié le 7 Octobre 2012

Quoi de plus délicieux que d'échanger son point de vue entre amis dans un restaurant sétois nommé "Les Binocles" ? Hier soir, le sujet de la conversation portait sur les premiers mois du gouvernement Ayrault. Interrogé en tant que communicant, j'ai répondu regretter l'égo surdimmensionné de plusieurs ministres dont la com' personnelle se fait au détriment de la cohérence gouvernementale. Puis, très vite, j'ai orienté la conversation sur un sondage récent donnant François Fillon gagnant en cas d'élection face à François Hollande. Et ce, loin devant Nicolas Sarkozy et Jean-François Copé. Or, depuis mes cours en sociologie politique avec Michel Crespy à l'UPV, je ne suis pas loin de partager la méfiance d'André Bercoff pour ce type d'enquêtes. L'écrivain journaliste paraphrase aujourd'hui sur Atlantico Victor Hugo à leur propos  en parlant de "fiente de l’esprit qui vole". Il est vrai que le thème du pigeon est particulièrement présent sur la Toile en ce moment... Or il se trouve qu'il y a quelques semaines, l'excellent Sébastien Bohler revenait dans arretsurimages.net sur le principe du biais de conformité. Animal social avant tout, l'être humain n'a qu'une peur : être exclu du groupe en disant une chose différente de ce que pense la majorité. Et le journaliste de "Cerveau & Psycho" de citer une étude du cabinet Médiamento réalisée entre les deux tours des dernières élections présidentielles. Par son effet d'influence et de prescription, le résultat des sondages peut faire basculer près de 25 % des électeurs. Pas étonnant alors que de tels travaux se vendent comme des petits pains (en chocolat ?) auprès des états majors politiques...    


L'animal social, et son (presque) nouveau... par asi

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Rédigé par DMT

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Publié le 4 Octobre 2012

Après les Tweets de Ghyslaine Pierrat, en direct, au creux de la nuit, regards d’une « Spin doctor à la française » sur le débat de DENVER entre les 2 candidats à la Présidentielle américaine

 

 

Votre opinion quant à cette campagne américaine?

La campagne américaine 2012 est différente par sa gravité politico- économique-sociale et de ce fait a eu de nombreux accents rooseveltiens. Les enjeux sont clairs : emplois et économie, la sécurité des Américains après les traumatismes aussi cruels qu’injustes qu’ils ont subi. Les valeurs morales aussi attendues que réclamées dans ce contexte de crise économique mondiale. Fidèle à la tradition, les débats politiques américains existent depuis septembre 1960), ce 1er débat a donné  la place aux différences d'idées entre les deux candidats.

 

Ce débat est il important finalement ?

Comme je l’ai écrit dans mon ouvrage « La communication n’est pas un jeu », le débat pour la Présidentielle ne peut pas faire gagner une élection mais il peut à tous les coups lui la faire perdre. Sur le fond, ce 1 er débat a été davantage centré sur l économie, les impôts, la fiscalité, la santé et la gouvernance contemporaine. Sur la forme, le décorum du débat de Denver a renforcé l’institutionnel et c’était une perfection technique qu’il faut saluer, éclairages sophistiqués, sons parfaits, couleurs calculées, franchement très bien. Sur la forme encore, tout d’abord ce débat est le 1er des 3 débats, avant celui du 16 octobre à Hempstead (Etat de New York), et celui du 22 octobre à Boca Raton en Floride. Le manque d’interaction de la part de Barack Obama, alors que Romney était tourné vers lui, a diminué la dynamique d’Obama. Le fait de les voir, debout, à un pupitre, sans être face à face et assis comme en France, donnait parfois une impression de duplex différé, aux réponses un peu trop longues. Dans le public, les familles et amis étaient invités. Les journalistes de la presse écrite ont finalement été quelques uns à avoir été admis avec les invités, une négociation a eu lieu. Et leur présence était naturelle. Ce débat a été très important, il sera très commenté par l’effet de surprise qu’il a dégagé. Il peut se traduire dans les sondages. Il va bouster Romney et ses équipes. A la fin de ce débat, permettez-moi de vous signaler l’originalité du terme du débat. Les embrassades avec les familles ont été surprenantes pour nous Français et les accolades, avec grand sourire, entre les 2 candidats, aussi. C’est la tradition américaine mais tout de même, ce moment a été très curieusement fusionnel.

 

Que pensez-vous de la publicité politique quotidienne ?

A propos de la publicité politique et des différents pugilats qu’elle engendre, naturellement je regrette cette avalanche de spots à tonalité négative, que Bill Clinton qualifiât : « de donner l’envie de prendre une douche après les avoir vu ». Ils sont permanents et quotidiens, parfois mensongers. Ils ne font pas honneur à la démocratie.

 

L’élection de 2012 est-elle différente cette année par sa violence dans les spots ?

Je crois que c’est une constance et que c’est déplorable. Cela indispose « l’opinion publique mondiale », qui est née sous l’effet de la mondialisation.

 

Selon vous, comment est apparu Barack Obama ?

Avocat de formation, Barack Obama est apparu cérébral, concentré et moins combatif que prévu. Transformé par les 4 années qu’il vient de passé, 4 années où il a fallu batailler au Congrès, avec une opposition constante et férue d’obstruction, notamment pour la réforme du système de santé. Certes, cette réforme est timide, mais elle existe et c’est un bon début. Sur la « Obamacare », il faut aller plus loin et plus vite. C’est du registre de l’exigence du progrès de l’humanité pas celui de la légendaire liberté américaine. 4 années où nous avons vécu une crise mondiale et plurielle, 4 années où la « guerre économique » se conjuguait d’une « guerre de la finance », notamment en 2008. La décision devant l’affolement des marchés de créer un stimulus package de 780 milliards de dollars n’était pas facile à prendre. La recherche de solutions pour éviter l’effondrement de l’industrie automobile, non plus. Ce fut une réussite d’Obama. 4 années où en chef d’Etat, des décisions ont été prises en politique étrangère avec la neutralisation de Ben Laden, l’arrêt de la guerre avec l’Irak. Le Barack Obama 2008 n’a pas été le Barack Obama 2012 ! De peur d’apparaître méprisant et arrogant, il a été trop froid, linéaire dans le phrasé. Il n’a pas été assez accrocheur et combatif. Il n’a pas évoqué suffisamment Bill Clinton dont la notoriété est forte aux Etats Unis. Il n’a pas « attaqué » a minima sans pour cela être agressif. Il n’a pas cité la bourde de Romney des 47 % « d’assistés » qu’il déplorait en réunion politique. Pourquoi ? Il n’a pas su mettre suffisamment l’accent sur son bilan qui est positif sur beaucoup de points, ni su faire vivre son slogan "forward", "en avant", moteur de son action concrète.

 

Et Mitt Romney?

Mitt ROMNEY est le challenger républicain qui évidemment appelle au changement. Il est soutenu par une importante communauté et de gros soutiens financiers. Il est pénalisé par deux facteurs : le premier, sa revendication religieuse comme atout d’autorité morale. Sa religion mormone est sur toutes les lèvres électorales et elle n’est pas une garantie de compétences pour le job de Président. Sa culture, ancienne depuis 5 générations, est-elle celle qui a façonné sont identité ? On peut le penser. Prisonnier de celle-ci, Mitt Romney peut difficilement apparaître « indépendant » de toutes pressions. Et, surtout, il semble appartenir à un autre univers. De ce fait, sa vision politique semble très liée à sa religion et ses fondements. Il apparaît comme moins synchronisé à l’époque, moins opérationnel en temps réels. Mais cette nuit et je l’ai souligné par mes Tweets, en direct du débat, Mitt Romney a été plus performant, il est sorti des points d’interrogations et d’une myriade de doutes sur ces convictions. Il a essayé d être offensif pendant le débat. Il avait ce sourire bienveillant à la bouche qui le rendait sympathique. Il interpellait avec finesse Obama. Son corps tournait vers Obama lui donnait un plus de franchise, il le regardait très souvent en face. Il était pas agressif mais il était ferme sur les propos et lui répétait qu’il avait eu 4 ans et que ce n’était pas, selon lui, une réussite. Il a dominé le débat.

 

Qui a semblé le plus à l'aise ?

A ce niveau d’exercice, ils sont à l’aise tous les deux, très entraînés par leurs Spin doctors… Ce sont des tribuns en Convention et des intervenants rompus aux techniques de la communication audiovisuelle et vrais débatteurs. Romney a été très à l’aise pour répondre à votre question, très détendu, souriant, offensif et montrant qu’il avait lui aussi une stature de chef d’Etat. Obama a été moins à l’aise et ce, durant tout le débat. (Pour infos, Karl Rove et Matt Rhoades, son directeur de campagne pour Mitt Romney sont les Spin de Romney. Mais il y avait aussi le Spin Eric Fehrnstron, qui a multiplié les interviews à tous les journalistes à la fin du débat, répétant inlassablement que Romney avait été meilleur et ses messages, sous les panneaux rouges des Républicains. Pour Barack Obama, Valerie Jarrett, David Axelrod et Stéphanie Cutter, etc… Les Spin d’Obama semblaient moins présents.)

 

Selon votre décryptage du langage du corps qui a pris l'ascendant sur l'autre ?

Les attitudes comportementales sont toujours très révélatrices des sentiments profonds aux questions, et des efforts pour ne pas être pris en flagrant délit d’incompétences ou de mensonge. Les yeux au ciel relève la gêne de l’un, les pincements de lèvres, l’auto censure de l’autre. Soit l’un opte pour laisser répondre l’homme soit il opte pour laisser répondre la fonction. Le premier cas va créer un lien avec la salle, grimaces drôles faisant de l’humour, tête penchée, sourires… Il use de l’indulgence et de la complicité avec la salle, comme l’a fait Romney. Le second va laisser parler l’institutionnel, la fonction, laissant un corps assez raide et droit, comme l’a fait Obama. Il exprime le souhait d’apparaître celui qui est le plus rationnel et opérationnel sachant se contrôler. La gestuelle « bras ouverts » et haussement d’épaules de Romney a laissé apparaître de l’impuissance mais sans agressivité et plutôt exprimé de la compassion pour Obama, ce qui a déstabilisé ce dernier. Barack Obama a l’expérience de Président et n’a pas semblé, en non verbal, non plus, avoir l’ascendant. Son charisme et sa présence physique n’ont pas crevé l’écran. Il a opté pour une stratégie non verbale, comportementale, gestuelle et morpho psycho plus ancienne, à l’identique des années 60, regardant droit devant la caméra, ou l’animateur-journaliste. Il est resté sur le même registre toute la soirée, ce qui l’a fait apparaître, en retrait et pas suffisamment offensif, ardent et guerrier dans l’âme, comme si c’était la 1ère fois. Ce sont des erreurs de communication politique. Dans une situation plus empruntée, en difficulté dans les sondages récents, Mitt Romney est apparu légèrement très à l’aise dans son expression non verbale. Selon les enseignements de l’école de Palo Alto en Californie que j’apprécie, on remarque une gestuelle de Mitt Romney d’habitude sous contrôle, son visage et sa mâchoire qui ont souvent laissé apparaître une colère intérieure, étaient totalement métamorphosés ! Il n’y avait plus ses inclinaisons de tête dévoilaient une gêne ou une volonté de dissimuler certains aspects de son parcours de vie. Il est apparu, en non verbal, très sympathique et bienveillant avec cette expression de léger sourire permanent. Il se voulait accessible et parlait comme avec des amis, décontracté, surprenant chacun. Il a visiblement opté pour une stratégie « soft » et pugnace qui a marché.

 

Quelle est votre analyse globale de ce débat?

Ce débat a été très intéressant et de le vivre en direct, grâce à la chaîne d’infos « Itv », était pour moi , Spin Doctor à la française », un vrai plus. Bravo à cette chaîne c’était une performance. Et la journaliste sur place Laurence Haïm a été très étonnante, compétente, et a réussi la prouesse d’interviewer en direct le Spin de Romney. Ce n’était pas facile. Chapeau. Ce débat a été un peu trop technique pour impacter dans l’imaginaire collectif. Ce qui ressort de ce débat c’est surtout la prouesse de Romney, sa bravoure joviale à vouloir interpeller Obama. Ce qui résulte de ce premier débat, c’est la mise en retrait d’Obama et son ton linéaire permanent.

 

Si vous aviez un conseil à donner à chacun de ces candidats en matière de communication quel serait-il ?

On ne vote pas pour un bilan mais pour le futur. S’il est important d’informer, de rappeler les essentiels, il est nécessaire d’être le Président d’aujourd’hui et de demain. En ma qualité de « Spin doctor à la française, je conseille à Barack Obama d’évoluer sur sa stratégie de communication politique. Il doit être le Barack Obama, le Président de tous les espoirs. Il doit doit s’appliquer à créer du lien social et à démontrer, avec pédagogie, qu’il a encore mieux compris son pays et les Américains et leur anxiété sociale. S’il a favorisé 4 millions d’emplois, il ne faut pas oublier que 3 millions d’Américains ont perdu leur maison. Nous tous en France, nous n’avons pas oublié ces images traumatisantes de ces Américains avec leur lit et frigo sur la pelouse de leur ancienne maison. Il serait préférable qu’il abandonne ses habitudes oratoires axées sur les prompteurs et qu’il se dégage de ces automates. Il peut se « lâcher » pour aller vers les instants uniques de communion avec les publics, avec le peuple américain. Enrichi de l’expérience présidentielle, il sait aujourd’hui tout le potentiel de la fonction présidentielle. Barack Obama doit davantage être l’homme d’actions audacieuses d’aujourd’hui et maintenant, même s’il convient de laisser son empreinte dans l’Histoire. De même si l’élection ne se fait pas sur la politique étrangère, il doit être ferme sur un Iran nucléarisé, sur sa relation avec l’Europe au lieu de s’en excuser. Le prochain débat sera sur la politique étrangère. Il doit faire la différence. Mitt Romney va être galvanisé par sa réussite oratoire et va savourer cet événement. Il sera encore plus redoutable au prochain débat. Il doit éviter les dissimulations et mensonges relevés dans les médias américains, repris en France par tous les quotidiens. Mitt Romney a une image patriarcale autour d’une famille nombreuse qui a été mise en scène et incontestablement, son épouse est plus qu’un « atout charme » du candidat. Intelligente, perspicace, elle aide considérablement à humaniser le candidat… S’il est libre d’avoir une préférence religieuse je ne crois pas que sa revendication religieuse soit un atout et une garantie pour être élu. Mitt Romney doit préparer le prochain débat sur la politique étrangère, avec précision et montrer qu’il a une vraie vision de politique étrangère. En France, nous attendons naturellement, un propos sur notre pays, qu’il connaît bien puisqu’il a été « en mission mormone » pendant deux ans… Il reste 32 jours de campagne. Rien n’est jamais gagné. Rien n’est jamais perdu. "Forward", "en avant"…

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Rédigé par DMT

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