Publié le 19 Novembre 2009

Si, comme Victor Hugo, vous pensez que  "la forme c'est le fond qui remonte à la surface" ou bien encore que des exemples concrets valent mieux que de longues explications, alors vous avez tout compris au média training. Né aux USA à la fin des années 60, ce type d'entraînement à l'interview permet tout à la fois d'optimiser ses messages, d'anticiper la contradiction et de travailler son image. Un savoir faire particulièrement apprécié des entreprises où le souci de convaincre est une priorité quotidienne. En 15 ans de pratique, j'ai dû ainsi apprendre à des dizaines de DRH, DAF ou DG à s'exprimer autrement que comme des gestionnaires froids et techniques. Une préparation bien utile pour tous ceux qui sont appelés à intervenir dans les médias. La vieille règle journalistique  "écrire, c'est d'écrire" s'y applique en effet partout. Qu'il s'agisse de 10 secondes au JT, de deux lignes dans un journal ou d'un podcast sur la Toile, l'important est de montrer avant de démontrer. Ainsi, sur la question du stress au travail, j'ai conseillé  il y a peu à l'un de mes clients de revoir sa copie. "L'attention permanente que porte l'entreprise aux indicateurs d'amélioration des conditions de travail des salariés" est une phrase qui ne parle à personne. Dire par contre : "Depuis trois ans l'entreprise favorise  la garde à domicile des enfants en bas âge", est bien plus concret.  Raconter ce qui est fait pour faciliter au quotidien la vie du personnel, voilà ce qui touche l'opinion. L'objectif, lors d'une prise de parole médiatique, n'est pas de convaincre, de se justifier ou même de rassurer, mais bien de donner à voir.

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Rédigé par DMT

Publié dans #Ma pratique

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Publié le 15 Novembre 2009

Imaginez : 300 discours du candidat UMP aux dernières présidentielles, passés par la moulinette des deux linguistes Louis Jean Calvet et Jean Véronis. Cela a donné "Les mots qui ont fait gagner Nicolas Sarkozy", publié en mars 2008 aux éditions du Seuil. Un ouvrage dans le prolongement de ma dernière intervention au CELSA, consacrée à l'évolution de la construction du discours des politiques depuis 50 ans. Qu'en retenir au delà de l'empreinte indéniable d'Henri Gaino? Primo, en véritable communic'acteur, Nicolas Sarkozy utilise des phrases courtes. 21 mots en moyenne (vous vous souvenez de la règle des 3 C chère aux journalistes?) Tout comme VGE en son temps, il traduit par là sa modernité. Lors de son débat télévisé avec Ségolène Royal (aux phrases plus complexes, riches en subordonnées), cette tonicité du langage sera un des éléments gagants. Il colle ainsi au tempo auquel est habitué quotidiennement, le consommateur de publicités radio ou TV. De plus, son vocabulaire est  limité.  A l'opposé d'un Jean-Marie Le Pen au  vocabulaire de campagne très riche, 514 mots différents en moyenne,  Nicolas Sarkozy est à peu près à égalité avec Ségolène Royal et François Bayrou avec 450 mots différents environ pour 1 000 mots pris au hasard. Mais c'est surtout à de nombreuses  répétitions de formules ou d'éléments de discours (son taux de  « copier-coller » atteint 20 % d’un meeting à l’autre) que se reconnaît le plus le style "Sarkozien".  Parmi les autres particularités relevées par les auteurs :  l'utilisation régulière de l'anaphore, procédé rhétorique  bien connu des amateurs de poésies (c'est en fait la répétition des débuts de phrases) et l'emploi d'un style concret, où les verbes prennent le pas sur les noms. Exemple : valoriser le travail, plutôt que la valorisation du travail.  

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Rédigé par DMT

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Publié le 15 Novembre 2009

Bien sûr que l'on ne peut que rire en visionnant cette vidéo signée Pierre Lenuage. Je l'ai visionnée pour la première fois grâce à une amie qui me l'a envoyée par mail en début de WE. Depuis, j'ai pu me rendre compte qu'elle est présente sur plusieurs plateformes de partage. En quête d'infos sur son auteur, mes recherches m'ont conduit sur des sites affiliés au Front National. Du coup, j'en suis tout comme Bruno Roger-Petit sur son blog, à m'interroger sur la finalité de ce document. Et de me demander si tous ceux qui font circuler cette parodie, ont conscience de s'inscrire dans une opération de marketing viral, au service des idées du FN.
 

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Rédigé par DMT

Publié dans #Au fil de l'actu

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Publié le 11 Novembre 2009

« Silence. Écoutez. Il était une fois un berger, fils chéri d’Apollon, appelé Aristée. Celui-ci aima d’une ardeur effrénée Eurydice, qui était la femme d’Orphée, tant que, la poursuivant un jour par amour, il fut la cause de son destin acerbe et criminel : car, comme elle fuyait aux bords des eaux, une vipère la piqua, et elle tomba morte. Orphée, par son chant, l’arracha de l’enfer, mais il ne put observer la loi prescrite : le malheureux en chemin se retourna, si bien que de nouveau elle lui fut ravie ; mais jamais plus une femme il ne voulut aimer, et par les femmes la mort lui fut donnée. »
Angelo POLIZIANO, ca 1480.
 
Ce texte, composé vers 1480 pour une représentation de théâtre chez le Duc de Gonzague, fameux mécène du Quattrocento, sert de trame à la Légende d’Orphée racontée par Félix CALLENS*. Une création Akadêmia, donnée tout au long du mois de novembre en région Champagne-Ardenne. Sous la direction de Françoise Lasserre et avec comme chanteurs : Juliette Perret et Joao Sebastiao. Un spectacle unique, où Caccini, Peri, Monteverdi et Landi, font écho aux récits d’Ovide, Pétrarque, Dante, Poliziano et Rilke. A ne pas manquer !!

*Félix CALLENS intervient régulièrement à mes côtés comme comédien-formateur en prise de parole.

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Rédigé par DMT

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Publié le 8 Novembre 2009

C'est une fois de plus l'un des hommes politiques les plus roublards, qui  nous montre ici comment gérer les questions pièges. Interrogé par Claude Ascolovitch sur Europe 1, Frédéric Lefebvre répond  "réussites" du président de la République, alors qu'il est questionné sur ses "erreurs". Une superbe façon de positiver, aux limites il est vrai, de la mauvaise foi.  Qui plus est, il nie en direct avoir accusé les journalistes de "chercher à détruire" Nicolas Sarkozy, alors que toute la profession s'était émue de ses propos tenus au micro de Jean-Michel Aphatie.  Nul doute que "l'Art d'avoir toujours raison" de Schopenhauer, figure en bonne place parmi les livres de chevet du porte-parole de l'UMP...

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Rédigé par DMT

Publié dans #Décryptage

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Publié le 1 Novembre 2009

Incroyable, à quelques mois d'intervalle, le chef de l'Etat à répété pratiquement mots pour mots un discours destiné au monde agricole. Si la coquille prête à sourire, la "performance" du communic'acteur est intéressante à étudier.  A relever par exemple, le nombre de mots qu'il arrive à mémoriser lorsqu'il quitte des yeux ses notes pour s'adresser à son public. Et bien sûr, à quel moment cela se produit. C'est toujours au même passage. A croire que son texte est annoté de multiples  "/" et autres "//", précieuses indications concernant les pauses ou silences à placer dans une phrase pour mieux en souligner le sens. Reste que le plus frappant dans ce montage, ce sont les intonations et les gestes, quasi identiques lors des deux interventions publiques. Mise en scène savamment calibrée ou cri du cœur via le corps ? Il  faudrait encore de nombreuses heures d'observation pour répondre à la question. Certes, notre gestuelle est bien souvent le prolongement de nos pensées les plus intimes. Mais est-ce alors sous cet angle qu'il faut lire la position des mains du président de la République quand  il aborde le thème de l'identité nationale ?  La polémique sur ce clonage oratoire, me rappelle en tout cas une anecdote rapportée par l'un de mes clients qui vit en Tunisie. Lorsqu'il était jeune, il lui arrivait souvent en allumant la télévision, de prendre en route un discours  du président Bourguiba. Et au vu des mouvements de bras du vieux leader (qui se répétaient souvent), lui et sa famille de s'esclamer : "mais ça, il l'a déjà dit !". 
 

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Rédigé par DMT

Publié dans #Décryptage

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Publié le 26 Octobre 2009

Burka, candidature de Jean Sarkozy à la tête de l'EPAD, affaire Frédéric Mitterrand.... Chaque matin, recevez dans votre  boîte mail le "neuf-quinze" de Daniel Schneidermann. Gratuite, cette chronique sur une dominante médiatique (souvent politique) et ses coulisses, est proposée à tous les abonnés ou simples visiteurs  du site Arrêt sur Images.net. Certes, il y a des jours ou le chroniqueur TV de Libération semble s'être levé du pied gauche (sans jeu de mots) tant il est remonté contre ceux qui nous gouvernent et leurs communicants. Il n'empêche, le recul qu'il permet de prendre sur l'actualité devrait être reconnu d'utilité publique. Pédagogique autant que militant, ce démontage matinal des coulisses de l'info, permet de passer  du statut de consom'mateur  à celui de consomm'acteur des médias.

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Rédigé par DMT

Publié dans #Au fil de l'actu

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Publié le 21 Octobre 2009

Hasard du surf sur la Toile, cette pépite trouvée ce matin et que je vous soumets sans plus attendre. A méditer par tous les journalistes comme par tous les professionnels de la communication de crise.  Le phénomène de celui qui n'a rien vu mais qui raconte tout devant une caméra est bien connu. Dans l'affaire AZF, des propos recueillis au bac à champoing d'un salon de coiffure n'ont ils pas été à l'origine des rumeurs les plus saugrenues? Le malheur est qu'elles furent reprises par le journaliste d'un grand quotidien national avant d'être largement relayées par l'ensemble de la presse.

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Rédigé par DMT

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Publié le 21 Octobre 2009

En parcourant le blog de René Poujol, je découvre son coup de gueule contre la dernière provocation du porte-parole de l'UMP. Il faut dire que lundi matin sur RTL, Frédéric Lefebvre n'y est pas allé avec le dos de la cuillère. interrogé par Jean-Michel Aphatie il a tout bonnement dénoncé "un monde politico-médiatique" qui n' a de cesse de chercher à détuire le président de la République. Une sainte colère de plus de la part de l'ex-directeur de la rédaction de Pèlerin ? Si Frédéric M est l'homme de la mauvaise vie, Frédéric L est assurément l'homme de la mauvaise foi. Au point que le président de la République en est peut-être à s'interroger chaque matin : "Mais que vais-je bien pouvoir demander de déclarer dans la presse à mon saigneur Lefebvre ?" Cette nouvelle provocation du porte-parole de l'UMP ne vaut vraiment pas qu'on en fasse un fromage. Même du roquefort si cher à mon ami René. Car c'est contribuer à un buz qui, au final, accrédite la thèse populiste selon laquelle les journalistes ne supportent pas de se voir critiqués. Frédéric Lefebvre est un provocateur professionnel. Ne lui permettons pas de se retrouver dans la posture qu'il affectionne tant, celle de martyr des médias.
 

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Rédigé par DMT

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Publié le 19 Octobre 2009

Non, présentateur de JT n'est pas un métier de tout repos. En témoigne cette vidéo en date de mercredi dernier, où Laurent Bignolas subit en direct la mauvaise humeur  d'Albert Dupontel. Furieux que son intervieweur n'est pas vu le film sur lequel il l'interrogeait, le réalisateur et comédien s'est ingénié à répondre de façon sibylline, avant de mettre fin précipitamment à l'entretien. Pas évident, dans ces conditions, d'enchaîner sur la suite du journal. Si le dépit de l'artiste est compréhensible, il n'excuse pas la volonté de saborder le travail du journaliste. A moins que tout ceci ne soit que mise en scène et  promo. Car, faut pas rêver (comme on dit sur France 3), le titre du long métrage présenté était... "Le Vilain".

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Rédigé par DMT

Publié dans #Décryptage

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